Pont-Saint-Pierre Il ramène à la vie le bébé qui s'était noyé dans son bain

Sapeur-pompier volontaire et président du comité des fêtes, Alain Thénier, qui était au repos ce jour-là, a sauvé le petit Gabriel, 18 mois, d'une mort certaine.

23/12/2016 à 10:36 par Jean-Paul Gosselin

 Sapeur-pompier volontaire et président du Comité des fêtes, Alain Thénier ne cache pas son bonheur de serrer dans ses bras le petit Gabriel qu'il a sauvé d'une mort certaine.
Sapeur-pompier volontaire et président du Comité des fêtes, Alain Thénier ne cache pas son bonheur de serrer dans ses bras le petit Gabriel qu'il a sauvé d'une mort certaine.

Discret et peu bavard, Alain Thénier, sapeur-pompier à Pont-Saint-Pierre, n’est pas du genre à se confier. C’est donc un peu par hasard que nous avons découvert son geste héroïque. Le 28 novembre dernier, celui qui est aussi président du Comité des fêtes local a sauvé la vie d’un bébé.

« Il était tout bleu »

Ce jour-là, après avoir emmené son épouse au travail, il décide de repasser chez lui. Une décision qui va changer la vie d’une famille de Pont-Saint-Pierre résidant pas très loin de son domicile « Ce n’était pas prévu. En arrivant devant chez moi j’ai vu une de mes voisines qui était sortie dans la rue et criait. J’ai vu qu’elle avait quelque chose dans les bras mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit son bébé. » Ni une, ni deux, le sapeur-pompier volontaire en repos se précipite pour voir ce qui se passe. « Là je me suis rendu compte qu’elle tenait son enfant dans les bras et que celui-ci était mal en point. Le bébé était complètement bleu, jusqu’aux ongles. » Paniquée, la mère de famille lui crie alors que son bébé s’est noyé dans la baignoire.

« Il n’avait pas de pouls »

« J’ai pris le bébé dans mes bras et je l’ai emmené dans la maison de ses parents avant de l’allonger sur la table de la cuisine. Il n’avait plus de pouls. Il était en arrêt cardio-respiratoire et pour moi il était mort. Mais pas question de ne rien faire en attendant les collègues. J’ai alors commencé à lui faire un massage cardiaque, puis du bouche-à-bouche, comme je l’ai appris. »

Une situation inédite pour Alain Thénier qui, d’ordinaire, intervient avec ses équipiers pompiers et n’avait jamais été confronté à une telle situation. « Là j’étais seul, c’était différent. Et dans ces cas-là le temps paraît très long, d’autant que partir en intervention pour un enfant a toujours été ma hantise. »

Mais à force de persévérance, le petit garçon de dix-huit mois recrache de l’eau et commence à reprendre des couleurs. «J’ai compris qu’il reprenait vie et j’avoue que cela a été un moment de grand bonheur …» Un soulagement pour Alain Thénier, mais aussi une femme de Douville-sur-Andelle qui, en voyant la scène, s’est arrêtée pour l’aider. « Cette dame s’est occupée de la maman qui a fait un malaise et qui était en état de choc. »

Les pompiers de Fleury/Charleval et de Pont-de-l’Arche arrivent alors sur place, avant d’être rejoints par une équipe du SMUR d’Elbeuf. « Quand ils sont arrivés, le bébé pleurait. Un urgentiste du SMUR m’a dit que cinquante secondes de plus et malheureusement le bébé n’aurait pu être ramené ainsi à la vie. »

Médicalisé par les équipes de secours, le petit Gabriel est ensuite transporté en urgence au Centre Hospitalier d’Elbeuf.

«Le bébé va beaucoup mieux et de toute évidence il n’a aucune séquelle ce qui est une satisfaction supplémentaire. Il a pu ressortir de l’hôpital quelques jours plus tard. Ses parents m’ont remercié et offert des chocolats. »

Gestes de secourisme

Quant à savoir s’il se considère comme un héros, Alain Thénier est clair. « Pas du tout. C’est normal de porter secours à son prochain. J’ai juste dispensé les gestes de base de secourisme. » De quoi faire réfléchir tout un chacun sur la nécessité de se former aux premiers secours. Pour leur part les sapeurs-pompiers se remettent à niveau chaque année. « Je vais les revoir en début d’année prochaine. »

Avec ce geste héroïque, Alain Thénier étoffe son nombre d’interventions réalisées cette fois en uniforme et avec des coéquipiers. « Il y en a eu des milliers depuis mon arrivée à l’âge de 16 ans à la caserne de Pont-Saint-Pierre. C’était le 7 avril 1982. » Si certaines lui resteront en mémoire de par leur aspect dramatique, d’autres, plus heureuses l’ont conforté dans sa passion du volontariat.

« J’ai participé à deux naissances. La première à Pont-Saint-Pierre même et la seconde dans le camion à Pont-de-l’Arche. »

L’autre mercredi c’est au petit Gabriel que le pompier a redonné la vie.

« Il a sauvé mon bébé »
« On lui a offert une boîte de chocolat mais ce n’est vraiment rien par rapport à ce qu’il a fait. Je le remercierai toute ma vie pour avoir sauvé mon bébé », confie la maman du petit Gabriel, la voix encore chargée d’émotion.
Ce jour-là elle avait mis ses deux enfants de trente et de dix-huit mois dans la baignoire. « Je me suis détournée quelques instants, le temps de prendre les vêtements des enfants pour les habiller et lorsque je me suis retourné, j’ai vu mon bébé noyé. Je l’ai pris dans mes bras et sans même prendre le temps de le recouvrir d’une serviette, j’ai couru dans la rue pour demander de l’aide. J’étais comme folle et heureusement que M. Thénier soit arrivé à ce moment-là. J’ai appris les gestes qui sauvent mais c’était il y a longtemps et j’avoue qu’avec le stress, j’aurai bien été incapable de faire quoi que ce soit… »
Prise en charge par les pompiers en même temps que son fils, la maman a vite été rassurée par le personnel hospitalier sur l’état de l’enfant. « Pour autant j’étais en état de choc. Dans ces cas-là, forcément on culpabilise. Je m’en voulais de n’avoir pas pu empêcher cela et c’est pour cela que l’hôpital m’a proposé de rencontrer un psychologue, ce que j’ai aussitôt accepté. Ceci m’a été d’un grand réconfort. »
Heureuse d’avoir retrouvé son « bébé » en pleine forme, notre interlocutrice assure aujourd’hui qu’elle restera les yeux rivés sur la baignoire à l’heure du bain de ses jeunes enfants.

27360 Pont-Saint-Pierre

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