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Fresne-l'Archevêque Il met le feu à la maison occupée par son ex et ses enfants

Un coup de folie dû, pour une part à l'alcool, et qui aurait pu avoir des conséquences autrement plus graves que de simples dégâts matériels.

29/12/2016 à 11:39 par Jean-Paul Gosselin

Les pompiers avaient dû intervenir dans l'urgence et permis d'éviter le pire (Illustration © JB/Normandie-actu)
Les pompiers avaient dû intervenir dans l'urgence et permis d'éviter le pire (Illustration © JB/Normandie-actu)

Il est sorti de prison le 10 novembre dernier après un mois et demi de préventive, un séjour qui a permis d’explorer les raisons de cette pyromanie en récidive. C’est « un trouble neuropsychique ayant altéré son discernement » a dit le psychiatre qui n’a pas écarté l’impact de l’alcool et des stupéfiants, ainsi que des cocktails médicamenteux, selon le dossier.

Libre. Emmanuel F. (45 ans) est domicilié aux Andelys (chez son père) depuis sa séparation. Marie-Christine est restée dans sa maison de Fresne-l’Archevêque avec ses trois enfants, alors que la procédure de divorce suit une séparation de neuf ans, émaillée d’accrochages divers, en fonction des sautes d’humeur alcooliques de l’opérateur de saisies. Cette fois, il s’agit d’une « détérioration par moyen dangereux » après avoir menacé de « cramer la maison ».

Le briquet dans le tas de bois

Vers 23h30, le 27 septembre, un incendie détruit une partie de la maison familiale que l’épouse et les enfants seront contraints de fuir dans l’urgence, terrorisés. Le feu a été allumé devant la chambre de Marie-Christine, dans un tas de bois où l’incendiaire a jeté un briquet sous la bâche le protégeant. Le revêtement intérieur du pavillon est détruit et les murs fissurés malgré la rapidité d’intervention des secours. La maison était en vente et avait même trouvé preneur (avec une promesse de vente).

Il y a aussi la disparition des poubelles et les pneus crevés de la voiture de la propriétaire. « Je voulais juste les dégonfler » dira le prévenu à l’audience.

Son coup de folie opéré, Emmanuel F. est retourné chez son père où les gendarmes l’ont découvert avec le visage encore souillé des cendres de l’incendie. Il avait beaucoup bu (près de deux grammes d’alcoolémie) et il avait vite avoué l’utilisation du briquet allumé. Depuis, il ne s’explique pas son comportement et il est suivi par un psychologue.

La maison invendable

« J’avais passé l’après-midi avec mon fils et mon avocat. Je n’avais aucune raison de faire mal à ma femme et à mes enfants… » raconte le prévenu. La présidente découvre un témoignage de son père dans son dossier de personnalité : il a témoigné d’une altercation avec son fils alors que ce dernier le menaçait d’un couteau.

Du coup, le prévenu clame sa bonne volonté d’oublier tout cela :

« Je suis prêt à tout faire concernant l’alcool : en traitement, je n’ai plus de tremblements ; on m’enlève l’addiction à l’alcool ! ».

L’avocate de son épouse plaide que la victime et ses enfants ne peuvent plus dormir. Tous sont suivis par le psy. Concernant la maison, précise Me Anne Deslandes, l’accord préalable avait été signé le 21 septembre dernier. Il n’y a plus de vente et il reste les dettes bancaires ainsi que de nécessaires dédommagements : 12.435 € de réparations, les préjudices moraux et les frais de justice pour ces délits nouveaux.

Le risque de tuer

Le procureur Antoine Barrat s’interroge sur la vraie raison de cet incendie car, dit-il, « ce n’est pas un fait isolé ». Il admet que le décès récent de la mère du prévenu a pu provoquer un « trouble psychique », mais pas au point de risquer de supprimer des vies. En tout cas, l’état alcoolique ne vaut pas pour une atténuation de la gravité des faits, déclare le magistrat qui demande une peine mixte de deux ans de prison avec beaucoup d’obligations pour la mise à l’épreuve.

Mais l’alcool est la cause d’une décision que Emmanuel F. ne s’explique pas, plaide Me François Delacroix. Il est surtout victime de sa dépression cumulée avec le décès familial et les ennuis divers. « Il est toujours en train de digérer sa séparation auprès de son père qui ne va plus pouvoir l’héberger, poursuit la défense ». Il remarque que la détention effectuée alors qu’il n’y a pas d’antécédent judiciaire peut servir de partie ferme de la peine prononcée.

Cette partie ferme sera finalement de quatre mois, sur deux ans de prison. Le reste avec sursis probatoire de deux ans oblige le condamné à se faire soigner de l’alcool et de la tête, d’indemniser et s’interdire de paraître au domicile conjugal. Emmanuel F. devra en outre régler le montant des réparations réclamé pour le préjudice matériel. Pour le préjudice moral, ce sera 1 500 € pour l’épouse et 1 000 € pour chacun des enfants. De plus, il paiera 450 € (art. 475-1), soit 17 385 €, en tout.

NB. Les condamnations en première instance ne sont pas définitives puisque susceptibles d’appel. Jusqu’à leur condamnation définitive, les prévenus sont donc toujours présumés innocents.

27700 Fresne-l'Archevêque

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