Les Andelys L'implantation du futur crématorium inquiète des riverains

En mai 2016, le Conseil municipal s'était prononcé en faveur d'un projet de crématorium. Mais son implantation rue de l'Égalité divise les élus et une partie de la population.

10/02/2017 à 21:43 par gvois

Le bâtiment de 360 m sera construit sur un terrain communal de la rue de l'Égalité. -
Le bâtiment de 360 m2 sera construit sur un terrain communal de la rue de l'Égalité.
La salle de cérémonie pourra accueillir une centaine de personnes.
La salle de cérémonie pourra accueillir une centaine de personnes.

À l’entrée du Conseil municipal, mardi soir, une vingtaine d’Andelysiens brandissaient en silence des affiches pour dire non au crématorium en centre-ville.

Moins d’une semaine avant, la municipalité avait convié les habitants les plus proches du futur lieu d’implantation à assister à une réunion d’information visant à leur présenter le projet.

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50 % d’incinérations

Dans un premier temps, Frédéric Duché, le maire, est revenu sur les raisons qui ont poussé la municipalité à réfléchir à la création d’un tel équipement.

Ce projet de crématorium ne figurait pas dans notre programme municipal. Mais à plusieurs reprises, mes adjoints et moi-même avons été confrontés à la détresse de familles endeuillées qui devaient attendre dix ou quinze jours avant de pouvoir faire incinérer leurs défunts du fait de l’engorgement des structures déjà existantes. Et cela ne va faire que s’accentuer puisque d’ici douze ans un Français sur deux fera le choix de la crémation.

C’est à partir de ce constat que la mairie a lancé une étude de faisabilité auprès d’un consultant extérieur, en l’occurrence M. Moreau, qui a participé à la création de plus de la moitié des 170 crématoriums de France.

Le terrain retenu pour accueillir le bâtiment de 360 m2 se situe rue de l’Égalité, en bas de la côte de Cléry. « Nous avons choisi de proposer un cadre de qualité à proximité des lieux d’inhumation et des deux cimetières plutôt que dans une zone d’activités. C’est une question de dignité ».

Des abstentions

Une position que ne partage pas une partie des riverains de la rue de l’Égalité, de la rue Roger d’Andeli, du chemin du Bord de l’eau et même de la rue Beaudouin.

Des positions derrière lesquelles se sont rangés les élus socialistes (Martine Seguela et François Vauthrin) ainsi que ceux du Front national (Christophe Delacour, Vincent Taillieu et Samuel Michel), qui tous se sont abstenus.

Tous mettant en cause des problèmes de circulation, de stationnement estimant que les vingt places de parking ne seront pas suffisantes.

Mais rien n’a fait flancher la majorité municipale qui a voté comme un seul homme, avec la voix de Dominique Jussiaume, conseiller municipal communiste, en faveur de ce projet de crématorium.

« Je peux comprendre les réticences des uns et des autres. Ce n’est pas la foule qui décide des politiques publiques. Je n’ai pas été élu pour regarder passer les bateaux sur le fleuve », a déclaré le maire.

500 à 800 crémations

Le Conseil municipal a confié à l’entreprise Berthelot la concession du service public de crémation et du site cinéraire. Il est estimé entre 500 et 800 crémations par an, à raison de quatre crémations par jour du lundi au vendredi (8h30 à 17h30).

« Des crémations pourront exceptionnellement avoir lieu le samedi avec l’accord du maire », a précisé Boris Doizy, le directeur général des services.

En contrepartie, la municipalité touchera une redevance d’environ 47 353€ revalorisables suivant la clause de révision des tarifs.

Le crématorium ne sera pas en service avant vingt-quatre voire vingt-sept mois. Les quinze prochains mois vont donner lieu aux études, aux autorisations, à l’enquête publique et à l’arrêté préfectoral.

S’en suivront neuf mois de travaux de construction du bâtiment en forme de nef, bateau médiéval, référence à la Seine et à l’histoire de la ville.

« Je souhaite associer pleinement les riverains à ce projet en les intégrant dans la commission de délégation de service public ».

Pas sûr que cela suffise à apaiser la fronde des Andelysiens mécontents.

Des habitants du quartier hostiles au projet devant l'entrée du site.
Des habitants du quartier hostiles au projet devant l'entrée du site.

Les habitants dénoncent « une usine à gaz »
Entre la réunion d’information et la séance du Conseil municipal, les habitants opposés au projet de crématorium n’ont eu que très peu de jours pour s’organiser. « Nous ne sommes pas contre avoir un crématorium mais pas à cet endroit. Ailleurs, ces équipements sont décentrés comme à Évreux », affirment-ils.
Leur principale crainte concerne la dévaluation de leurs biens immobiliers. « Entre 0 et 100 mètres, c’est 40 à 50 % de moins. Qui va acheter une maison près d’un crématorium ? »
Pour eux, le projet n’a pas été suffisamment pensé en terme de sécurité, de pollution. « C’est une usine à gaz », affirme l’un d’entre eux. Le crématorium va générer un flux de voitures supplémentaire dans une zone difficile d’accès et où le stationnement est quasiment impossible. Les opposants mettent en avant la présence de deux écoles (Marcel Lefèvre et Jules Ferry) sur le passage des convois mortuaires. « Des corbillards circulent tous les jours en ville. Je ne vois pas en quoi ce sera différent », répond Frédéric Duché.
Concernant les pollutions au mercure et aux particules fines que pourrait engendrer ce type d’équipement, Pierre Crenn, ingénieur chimiste de formation, s’est montré catégorique. « Le risque écologique est nul. Nous avons voté contre l’extension de Terralys et contre l’épandage des boues papetières. L’empreinte écologique d’une crémation est inférieure à celle d’une inhumation ».
Les habitants, qui n’ont pas été convaincus par les arguments des élus, n’écartent pas la possibilité de créer une association et de poursuivre leur combat pour que le crématorium ne sorte pas de terre, rue de l’Égalité. « Nous voulons un projet, qui n’embête personne et qui respecte l’environnement ».

27700 Les Andelys

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